La Diagonale des Fous racontée par un survivant

La Diagonale des Fous racontée par un survivant

Publié le : - Catégories : Histoires de vie

La Diagonale des Fous

Voici le récit de Sébastien Bottaro, un sportif éclectique hors norme, sur une des courses les plus redoutées au monde: la Diagonale des Fous. Ce Grand Trail se déroule à L’île de la Réunion et fait traverser aux coureurs toute La Réunion (du Sud au Nord). Avec ses 168 km et 10 000 m de dénivelé positif il faut être fou pour relever le défi! Ce n'est pas pour rien que cette course hallucinante est surnommée le Graal du Trail! 

 

Sébastien, expliques-nous le concept d'un ultra-trail ? 


Un ultra-trail est une épreuve d’endurance de course à pied. Généralement en nature, forêt, montagne… la distance dépasse les 100kms, en tenant compte également du dénivelé qui augmente lui aussi.

 


Pourquoi as-tu décidé de participer à cette course extrême? Comment t'est venue l'idée? 

Lorsqu’on fait du trail, on entend souvent parler de ces courses incroyables. C’était un rêve d’y participer…

En rentrant du Népal (Janvier 2017), je me suis décidé de m’inscrire sans trop me poser de question bien que cela me semblait impossible. À ma grande surprise, en Mars 2017, je recevais un e-mail confirmant mon inscription (j’avais été tiré au sort).

 

la diagonale des fous

Étais-tu seul dans cette aventure ? 

Oui, en tant que coureur. J’aime bien être « solitaire » sur une course. C’est un moment unique que je m’accorde, un retour aux sources, seul face à moi-même et en harmonie avec la Nature.

Ceci dit, deux amis m’ont accompagné et ont pu me rejoindre sur plusieurs ravitaillements. Anne Edwige et Anthony Rigoulot de Crossfit Cannes. J’étais également content et rassuré de parcourir ma 3ème nuit blanche à leurs côtés.

 


As-tu suivi une préparation physique avant de te « jeter à l'eau » ? 

N’ayant pas de coach ou d’entraîneur spécifique, je me suis réalisé un programme « au feeling ». A partir de Juin, je faisais du Crossfit la semaine et le weekend j’allais soit faire un trail (45km max) soit faire une randonnée.

Dans tous les cas, je voulais être en montagne.

Le Crossfit a renforcé mon endurance musculaire sur des efforts courts et intenses. Il m’a également donné de l’énergie en développant de la fibre rapide pour être plus puissant dans les montées raides.

En parallèle, le trail/randonnée avait pour but de développer ma fibre lente. Ainsi, je pouvais travailler sur une activité longue à faible intensité. J’avais parcouru de nombreux kilomètres et énormément de dénivelé pour apporter un « fond », une résistance à un long effort.

Je faisais également tous les matins une séance de yoga doux ou d’étirements afin d’apporter de la souplesse aux muscles, articulations et tendons.

Enfin, j’ai également médité tous les jours. La méditation m’a permis de travailler sur moi-même et de transformer la peur de l’échec en courage.

 

Comment s'est déroulé le premier jour de l'épreuve? As-tu dormi?

Le départ de la course était le jeudi à 22h. Pendant 1h, nous courrions dans une euphorie incroyable. La foule est de chaque côté à nous encourager. Il y avait tant d’ondes positives! La première nuit est vite passée sans que je prenne le temps de dormir.

Le vendredi, je me sentais en pleine forme. Après une bonne pause à la première base de vie du 66ème km à Cilaos, je suis reparti super motivé. La nuit est vite arrivée avec le brouillard.

J’ai eu la chance d’avoir rencontré une jeune fille Anais, 21 ans, lors de la deuxième nuit. On a pu se serrer les coudes et s’encourager mutuellement. La fin de la deuxième nuit a été plus compliquée. Entre le brouillard, le froid et la fatigue de plus en plus omniprésente. J’ai décidé d’écouter les conseils d’Anaïs et de faire des micro-siestes. J’avais peur de ne pas me réveiller ! Mais c’était nécessaire et je me sentais ressourcé à chaque fois. Je savais que cette deuxième était la plus dure car c’était également le passage le plus technique et accidenté.

Le lendemain, j’arrivais à la 2ème base (126ème) de vie où je retrouvais mes deux amis. Après un bon massage, une douche glacée et une sieste, je me sentais bien reposé et prêt à repartir. J’étais surtout rassuré de savoir que mes amis allaient m’accompagner sur ces 40 derniers km.

J’entamais ainsi ma 3ème nuit blanche. Chose que je considérais alors impossible sachant que mes amis m’ont toujours surnommé de « marmotte ».

Au lever du soleil, nous étions au dernier sommet, prêt à amorcer la dernière descente. Juste avant de partir, je suis allé au bord du vide (où il y avait un panorama exceptionnel) et j’ai remercié la Nature. Merci pour cette météo qui a été « bonne ». Merci de m’avoir laissé traverser cette île aux paysages somptueux.

Lorsque nous sommes sortis du sentier, nous atterrissons sur la route devant l’entrée du stade. Les applaudissements nous éblouissent. La dernière marche sur le stade est pleine de saveur. Et lorsque je passe sous l’arche de l’arrivée, je me dis « je suis finisher, je viens de réaliser un de mes rêves les plus fous ». Et les larmes ne s’arrêtaient pas de couler.

 

Quelle était l'ambiance là-bas? As-tu fais des nouveaux amis? 

Je n’ai jamais vu une ambiance pareille ! Tout le monde est de bonne humeur, les locaux sont accueillants et surtout bienveillants. Ils nous encouragent tout le temps. On se dit qu’on n’a pas le droit d’abandonner avec autant de bonnes ondes !

Le départ est inoubliable. Pendant des kilomètres, on courait dans la ville de Saint Pierre avec une foule de chaque côté en pleine euphorie. Je revois encore tous les petits enfants qui tendaient leurs mains pour qu’on les tape !

Étant solitaire, j’aime bien être dans ma bulle pendant une course. Mais, j’ai rencontré tout de même, du monde avec qui j’ai rigolé sur certains ravitaillements. Si je devais parler d'une belle rencontre ça serait celle avec Anaïs.

C'est avec elle que j’ai partagé une partie du chemin. J'étais content de la voir finisher.

 


Ton meilleur souvenir? Et le pire? 

Difficile se de prononcer, il y a tant de souvenirs.

Le pire : la deuxième nuit vers 2h du matin. Je venais de laisser Anaïs dans la forêt car elle voulait se reposer tranquillement. J’entamais une longue descente assez raide et caillouteuse. Un coup de barre énorme m’est tombé dessus. La lumière ronde de la frontale me berçait et j’ai commencé à m’endormir en courant. C’était une lutte interminable.

Je suis passé dans plusieurs états où à moitié endormi, j’avais l’impression que le sentier se transformait en une sorte de terrain mouvant. Il changeait de forme !

Le meilleur : Il intervient juste après le pire. A la fin de cette descente, j’étais vraiment à bout. J’avais tellement envie de dormir.

Je traverse un pont et là je vois une petite dalle pour m’asseoir et m’adosser contre la roche.

Je me souviens encore que je regardais ce ciel étoilé magnifique. Un ciel rare qu’on ne retrouve qu’en montagne, loin de la pollution, où la pureté de l’air nous laisse entrevoir la Voie Lactée. À cet instant, je me suis rappelé pourquoi j’aimais tant courir en montagne, pourquoi je faisais du trail et surtout qu’est-ce que je faisais ici. La réponse était pourtant simple.

C’est dans ces moments là que je me sens bien. Après quelques minutes de contemplation, j’ai ressenti un torrent d’énergie et je suis reparti avec le sourire en me répétant « profites de chaque instant car c’est unique ».

Comment Pur Vitaé a pu t'aider?

J’ai décidé de faire confiance à Pur Vitaé et de prendre les produits avant, pendant et après la course.

Deux semaines avant la course, j’ai commencé à consommer le Sirop Mobilité pour bien préparer mes articulations et tendons.

J’ai également pris les gélules Énergie pour stocker le maximum de vigueur.

Pendant la course, sur les deux bases de vie (66ème km et 126ème km), je prenais le Sirop Mobilité et les gélules. Les gélules Énergie étaient bien efficaces dans les moments où je sentais de lourdes fatigues.

J’ai également pu testé les ampoules Puissance Pré Workout qui m’ont données un coup de fouet incroyable. Je me souviens encore lors de cette montée redoutée par tout le monde « la montée du Maïdo ». Quand on le regarde, on est face à un mur. En ayant pris PUISSANCE juste avant, j’avais l’impression d’avoir des jambes neuves. La sensation était surprenante, j'avais l'impression que mes jambes ne se congestionnaient pas malgré l'intensité de l'effort et pourtant j’en été déjà à plus de 35h d’effort…

Pendant l'épreuve as-tu voulu laisser tomber? On sait que 30% des personnes ne finissent pas la course... 

Jamais ! C’était mon rêve. Parcourir et terminer cette course mythique. Comme je le disais, la méditation m’a beaucoup apporté aussi. La peur de l’échec s’était transformée en courage.

On profite de chaque instant, car ce sont des moments uniques dans une vie. Pas le temps de se plaindre.

J’étais heureux pendant toute la course. Donc il était hors de question de s'arrêter !

Quel était ton score? 

Je finis en 58h07

1541ème au général

525ème dans ma catégorie SH

Quels enseignements as-tu tirés de cette expérience?

Que nos rêves peuvent s’accomplir… Qu’en chacun de nous, il existe un petit héros timide qui attend… que notre esprit casse ses barrières et laisse l’impossible devenir une réalité.

Sur le plan physique, je pense que je me suis véritablement rendu compte que j’avais un corps fait pour l’endurance, capable de résister longtemps (à condition que je le gère intelligemment).

Sur le plan mental, j’ai renforcé ma détermination. Je crois avoir compris une chose, c’est que notre motivation n’a pas de limite.

Et c’est un entraînement quotidien qui nous permet de pousser cette détermination encore plus loin.

J’ai banni de ma personnalité la peur de l’échec. Il y aura toujours un risque, surtout sur une épreuve aussi longue où les aléas sont encore plus importants. Mais grâce à la méditation, j’ai réussi à me dire que cette peur ne servait à rien si ce n’est de m’empêcher de profiter de chaque moment de mon rêve. Je l’ai remplacée par le courage et mon enthousiasme !

Conseilles-tu cette course à tous (sportif ou pas) ? 

Je la conseille à toute personne qui rêve de la faire. C’est possible. Les barrières sont imposées seulement par notre esprit.

Il faut y croire. Il y a 3 ans, quand je débutais le trail, je rêvais de la faire…

Par contre, il ne faut pas la prendre à la légère. Il ne faut pas négliger tous les éléments qui rentrent dans un ultra-trail (expérience, alimentation, préparation physique et mentale, météo, la course de nuit etc). Patience, persévérance et humilité sont mes valeurs fortes !

 

Le mot de la fin...

J’aimerais partager ma vision du trail.

Tout d’abord, un trail c’est une reconnexion avec soi-même et avec le monde qui nous entoure, la Nature. C’est un retour aux sources. A chaque sortie, il faut partir avec un esprit libre, telle une feuille blanche où tout est à écrire. La nature nous apporte tellement à chaque fois.

Lorsque je m’engage sur une course, je ne suis pas du tout intéressé par mon « chrono ». Si je fais du trail, c’est pour passer du temps en extérieur, dans la Nature. Donc je n’ai pas envie de me presser d’arriver… au contraire, je veux profiter au maximum de ces moments d’échange. S’arrêter en haut d’un sommet pour apprécier la vue, prendre des photos… on peut le faire. Il faut arrêter de penser au « classement » et « au chrono ». Le trail me permet de parcourir des chemins encore inconnus, de découvrir des massifs sans me soucier de mon eau ni de ma nourriture… les ravitaillements sont là ! Et surtout, nous pouvons courir « léger ». Quel plaisir ! On se sent libre d’arpenter les sentiers sans contrainte !

Pour terminer… lorsque je participe à une course, « être finisher » n’est que le bonus. À mon sens, la course commence le jour où nous nous inscrivons. Et de là, tout commence : Les entraînements ; les rencontres ; les aventures ; les objectifs...la vie que l’on s’impose ! Comme si on se « transcendait » et qu’on devenait un nouvel être. Prêt à tout.

Donc lorsque nous arrivons sur la ligne de départ, il ne faut pas succomber sous le stress d’être capable ou pas de finir.

Finisher ou pas, ce n’est pas le plus important. Tout peut arriver le jour d’une course, mauvaise météo, maladie, chute...

Ce qui compte, c’est l’investissement. Savoir que nous avons fait « de notre mieux ». Et là, nous pouvons être satisfaits et heureux.

Il ne faut pas oublier la raison pour laquelle nous faisons du trail : être heureux de courir, de passer du temps avec soi-même et de se sentir libre dans cette nature sauvage.

 

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